Mikaël Quilliou-Rioual

Soutenance de thèse de Doctorat

13 janvier 2021
14h

La soutenance s'organise en distanciel intégral, participation sur demande.


Titre : " Les mutations du genre dans l’action sociale. La mise en place du concept du « couple éducatif », sa logique et son évolution au sein de la Protection de l’enfance 

Le jury sera composé de : 
  • Mme Gisèle Dambuyant, Maîtresse de conférences de sociologie, Université Sorbonne Paris Nord, HDR,  Examinatrice
  • M. Jean-Yves Dartiguenave, Professeur de sociologie, Université de Rennes, Rapporteur
  • M. Marcel Jaeger, Professeur émérite du Cnam, sociologie, Directeur de thèse
  • Mme Martine Janner-Raimondi, Professeure des universités en Sciences de l'Éducation, Université Sorbonne Paris Nord, Rapporteure
  • M. Emmanuel Jovelin, Professeur titulaire de chaire Cnam, sociologie : Président Examinateur
  • M. Régis Schlagdenhauffen, Maître de conférences de sociologie, EHESS, Examinateur 

 Résumé́ de la thèse

La recherche présentée s’intéresse aux mutations du genre en action sociale à travers l’étude du « couple éducatif », son histoire et son évolution en protection de l’enfance. L’analyse de cette méthode empirique fondée sur l’affirmation égalitaire des identités éducatives de genre, placées en interactions (Goffman, 2002), s’est articulée autour d’entretiens semi- directifs avec les pionniers de l’action sociale, avec des éducateurs spécialisés pratiquant actuellement au sein de l’Aide sociale à l’enfance dans un équilibre de genre femme-homme et de l’analyse de mémoires de fin de formation d’éducateurs spécialisés de Buc-Ressources de 1968 à 2005. Cette thèse montre les apports d’une socialisation de genre dans l’éducation des enfants placés à l’aide sociale à l’enfance. Faisant suite aux ordonnances de 1945 et aux techniques innovantes du Coteau de Vitry (Amado, 1961), le couple éducatif était un courant de pensées issues des actions pionnières des éducateurs des deux sexes inscrits dans une mixité́ de genre. Il se traduit dans l’action éducative par la mise en place d’une dimension d’accompagnement femme-homme en internat relevant de la protection de l’Enfance. Fondé à l’origine, sur un imaginaire social (Castoriadis, 1975) familial nucléaire, les professionnels des deux sexes vont participer à une construction sociale de la réalité́ (Berger, Luckmann, 2018) ayant pour objet de socialiser des enfants en déficit de repères sociaux dans un registre identificatoire positif du féminin, du masculin et d’un équilibre possible et apaisé entre ces identités de genre. Progressivement au tournant des années 70, cette pratique va cesser pour évoluer vers une mise en avant des individualités du féminin et du masculin, inscrites dans une perspective de modernité́ (Gauchet, 1985) et d’individualisme contemporain (Lipovetsky, 2009). Cette thèse montre l’évolution et les mutations du genre en action sociale en donnant la parole aux acteurs éducatifs impliqués. Partant d’une dimension solidaire et égalitaire, située en équilibre de genre dans l’accompagnement au quotidien des enfants placés en internat éducatif, le couple éducatif va tomber en désuétude, signifiant ainsi un trouble dans les identités de genre (Butler, 2006) au sein des pratiques éducatives des éducateurs spécialisés. Tout en soulignant les bénéfices passés et présents pour les enfants accompagnés d’un équilibre dans les identités de genre, ayant pour objet de socialiser des enfants en déficit de repères sociaux dans des registres respectueux des identités de genre, cette thèse affirme la dimension égalitaire, individualiste et moderne de l’évolution de l’action sociale.