Edine Gassert

Soutenance de thèse de Doctorat

23 septembre 2020
14h

Amphithéâtre Abbé-Grégoire (accès 16, niveau 2)

Cnam, 292, rue Saint-Martin

Paris 3ème


Thèse pour l’obtention du doctorat en sociologie, spécialité travail, présentée par Mr Edine Gassert.

Titre : "Le paritarisme à l’épreuve de l’évaluation. Genèse instrumentale, travail d’organisation et fragilité institutionnelle dans le champ de la formation professionnelle continue"

Le jury sera composé de : 

  • Fabienne BERTON, Ingénieure de recherche, HDR, CNAM (directrice de thèse)
  • Arnaud MIAS, professeur à l’Université Paris Dauphine (co-encadrant de thèse)
  • Bénédicte ZIMMERMANN, Directrice d’étude à l’EHESS (rapporteur)
  • Emmanuel QUENSON, Professeur, Université d'Evry (Président du Jury)
  • Eric VERDIER, Directeur de recherche, CNRS, LEST (rapporteur)
  • Jacques FREYSSINET, chercheur associé IRES (examinateur)
  • Michèle TALLARD, chargée de recherche, CNRS (examinateur)
 

Résumé de la thèse

Bien que le renforcement des enjeux cognitifs soit une évolution marquante de la négociation collective en France (Bévort, Jobert, 2008), les "pratiques de connaissance" (Mias, 2013) visant à équiper le travail syndical à des fins de qualification et de gestion des accords collectifs, sont encore rarement saisies en tant qu'objet de recherche, alors même que la compréhension de leurs modalités d'appropriation autorise un questionnement plus large sur les transformations contemporaines des relations professionnelles.
Partant de cette ambition de départ, cette thèse examine sous l'angle ethnographique l'institutionnalisation d'une politique paritaire d'évaluation initiée en 2009 au plan national et interprofessionnel dans le domaine de la formation professionnelle continue (FPC).
La première partie restitue les conditions d'émergence de l'évaluation en tant qu'enjeu politique, ainsi que les problématiques liées à son opérationnalisation. Ces processus sont interprétés à la lumière des rapports de force entre acteurs (partenaires sociaux, Etat) dans un contexte de recomposition des modes de régulation politique et financier des fonds de la formation continue.
La seconde partie décrit le "travail d'organisation" (Terssac de, 2003) de l'évaluation au sein des institutions paritaires interprofessionnelles. La thèse explore ici la mise en place d'une instance d'évaluation d'origine paritaire - le Conseil national d'évaluations de la formation professionnelle (CNEFP) - en ciblant notamment les controverses qui jalonnent les choix de méthode et d'organisation. Cette approche monographique est complétée par l'analyse de trois études de cas, qui explicitent les contraintes liées à la mise en pratique de travaux évaluatifs, mais aussi les dynamiques engendrées en termes d'apprentissage.
Enfin, la troisième partie conclusive met au jour les ressorts d'une dégradation, lente mais progressive, du positionnement institutionnel du CNEFP. Plusieurs facteurs sont examinés comme la détérioration des formes d'engagement syndical et patronal, la concurrence des niveaux de régulation des politiques paritaires et l'instabilité institutionnelle dans un contexte de rapprochement accéléré des gouvernances des politiques d'emploi, de formation professionnelle et d'orientation. Au final, sur la base des éléments fournis, c'est l'organisation du "déclin du paritarisme" (Luttringer, 2018) au bénéfice d'une reprise en main par l'Etat de la régulation du système qui est discuté.

Mots clefs : évaluation, paritarisme, relations professionnelles, formation professionnelle continue, instrument, régulation, apprentissage.