Laurent Fraisse

Soutenance de thèse

20 novembre 2019
14h

  • Paris Saint-Martin/Conté
  • Salon d’honneur du Cnam - accès 39, 1er étage 2 rue Conté, Paris 3e

(Métro Arts et Métiers)


Thèse pour l’obtention d’un doctorat en sociologie présentée par Laurent Fraisse

« Un parcours de recherche au cœur de la construction de l’économie sociale et solidaire. Innovation, institutionnalisation et comparaison »

Sous la direction de :

  • Marcel Jaeger - Professeur émérite de sociologie, CNAM

Jury

  • Christian Azaïs - Professeur de sociologie, CNAM  
  • Christiane Bouchart - Présidente du Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire (RTES)
  • Marie-Christine Bureau - Chargée de recherche, CNRS
  • Philippe Chanial - Professeur de Sociologie, Université de Caen
  • Blandine Destremau - Directrice de recherche, CNRS
  • Jean-Louis Laville - Professeur de sociologie, CNAM
  • Marthe Nyssens - Professeure d’économie, Université Catholique de Louvain

Résumé de la thèse

Ce doctorat en sociologie revient sur un parcours de vingt années de recherche. La première partie le décrit sous les trois angles : biographique, méthodologique et bibliographique. La seconde partie de la thèse présente un panorama des travaux de recherche (articles, chapitres, rapports) regroupés selon trois thématiques. Le premier thème porte sur la dimension sociopolitique de l’économie solidaire et revient sur la définition de notions clés (initiatives locales, espaces publics de proximité, organisation en réseau, changement social) qui précisent son répertoire d’action politique. L’économie sociale et solidaire comme domaine spécifique de politiques publiques est ensuite étudiée aux échelles locale et européenne. Le deuxième thématique revient sur les recompositions de l’action associative. Les transformations des modes de contractualisation et de financement (subvention et commande publique) entre associations et pouvoirs publics ont fait l’objet d’études qualitatives et quantitatives. Les ambivalences conceptuelles des notions d’utilité sociale et d’innovation sociale sont mises en perspective historique. Mobilisées à l’origine par les acteurs associatifs pour faire valoir la singularité de leurs contributions, elles ont été progressivement utilisées pour légitimer l’élargissement du périmètre de l’ESS en France, notamment aux entreprises commerciales à finalité sociale. La dernière thématique porte sur l’accueil des jeunes enfants et l’aide aux personnes âgées en France et en Europe. Le passage de l’aide à domicile aux services à la personne est analysé comme un enchevêtrement de régulations qui rend problématique la construction d’un quasi-marché et interroge la place et les stratégies des associations comme acteurs historiques du secteur. La comparaison, à l’échelle européenne, des systèmes locaux d’accueil des jeunes enfants apporte un éclairage complémentaire aux typologies des régimes de care élaborées à l'échelle des États.

Summary

This PhD in sociology through looks back onto a twenty-year professional research career. The first part describes my research journey, from three different angles: biographical, methodological, bibliographical. The second part of the thesis gives an overview of my research work (articles, chapters, studies) put into perspective with regard to the state of current knowledge.The first topic concerns the socio-political dimension of solidarity economy through an in-depth discussion of several concepts (local initiatives, local public spheres, the network organization of non-profit sector, conceptions of social change). In addition, social and solidarity economy as a specific object within public policies is studied at local and European levels. The second topic explores the transformations of the role of non-profit organizations in society. The current changes of contractualization and financing methods between associations and governments (public procurement and subsidies) have been the subject of qualitative and quantitative studies. The conceptual ambivalences of the notions of social utility and social innovation are highlighted. Historically claimed by non-profit representatives to emphasize the specificities of their economic activities, social utility has gradually become a criterion for extending the scope of social and solidarity economy in France. The last topic concerns early-years childcare and elderlycare policies. The transition from home care for dependent elderly person to personal services is analyzed as a tangle of regulations that makes it problematic to build a quasi-market and questions the place and strategies of non-profit organizations as historical actors in the sector. The comparison, on a European scale, of local childcare systems provides additional insight into the typologies of care systems elaborated at a national level.